Ne vous êtes-vous jamais retrouvés face à une idée agréable, stimulante, que vous ne souhaitiez plus quitter ou vous empressiez de noter dans un carnet ou sur votre téléphone pour vous assurer qu’elle ne passe pas aux oubliettes ?

Probablement, non ?

Je me souviens de ces moments, où plus jeune, à l’école ou au coucher, je m’imaginais différents scénarios de vie, différentes idées de projets, que je trouvais tellement stimulantes, que je ne souhaitais surtout pas quitter, au point de ne pas vouloir m’en séparer pour dormir. Situation parfaite pour les insomnies !

J’étais d’une certaine façon accroché, addict à ces idées. J’avais besoin de mon fix, d’y revenir, voulant à tout prix éluder ce que je percevais (depuis le moment où j’avais eu cette idée) comme la triste réalité.

 

Une longue liste d’addictions

Le chocolat est une drogue. Le café est une drogue. La nicotine. Le sucre. Le sexe.

La liste est longue, voire infinie.

L’appréciation peut varier d’une substance à l’autre. Or, outre l’attachement physique que peut promulguer ces différentes substances, l’effet de stimulation qu’elles créent dans le cerveau aide à les rendre aussi attachantes.

Elles procurent toutes une bonne dose de dopamine, sans quoi la consommation ne serait pas aussi agréable.

Des idées, du type de celles que j’avais étant enfant, et que j’ai encore de temps en temps (il ne faut pas non plus exagérer, la cave qui me sert de cerveau n’est pas totalement asséchée non plus), sont aussi à leur façon de bons catalyseurs de dopamine.

La rumination des idées peut donc être vue comme un type de drogue.

 

Quelques-uns des grands drogués

Ne fallait-il pas être addict, drogué par des idées pour mettre au jour le projet de Walt Disney ?

L’idée était présente, et son propriétaire y revenait sans cesse, sous une pulsion obsessive, même après d’immenses échecs.

Donc, Walt Disney était un drogué, Da Vinci en était un, Lincoln aussi, Stallone, Aznavour, Brel, Michel-Ange ; tous ces gens étaient obsessifs à leur façon, complètement accrochés à leurs idées. Car sans cette obsession, fort est à parier qu’ils n’auraient pas mené à bout leurs projets un peu fous.

On accuse souvent les drogués de vouloir fuir la réalité, s’échapper d’idées ou sentiments desquels ils se sentent prisonniers, mais ne s’agit-il pas plutôt de l’inverse ? Peut-être que certains des gens drogués, même ceux qui prennent des drogues super-méga-dures, ne sont pas en fuite de quelque chose, mais sont plutôt en quête d’une idée, d’un sentiment.

Au fond, ce n’est pas nécessairement pour fuir une idée que l’on prend des drogues, mais il se peut que l’on prenne des drogues pour rattraper une idée. Pour se rapprocher un peu de l’éclat ou des vibrations qu’elle dégage.

Les drogues ne sont au final que des substances. Et peut-être qu’au fond, ce qui accroche une personne, la véritable drogue, ce sont ces idées, placées là quelque part à l’intérieur de nous, et que l’on cherche à atteindre par divers moyens.

Je sais que c’est mon cas. Je suis un idéaliste. Mais d’une certaine façon, ne le sommes-nous pas tous ?

 

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